La Malaisie, pays musulman de 20
millions dhabitants.
En dix-sept ans de pouvoir, son Premier ministre, Mahathir
Mohamed,
conduit son pays à une relative prospérité (revenu
annuel par habitant doublé - 1997 : 4 500 dollars), et à
une ébauche de démocratie. La succession et la stabilité
paraissaient assurées puisque Mahathir (72 ans) faisait
tandem avec un dauphin désigné :
Anwar
Ibrahim (51 ans), vice-Premier
ministre et ministre des Finances depuis 1991. Lun et lautre
sattiraient les compliments du monde entier
; on louait leur savoir-faire et loriginalité
de leur démarche économique. Les
investissements affluaient, les entreprises
malaisiennes se mondialisaient, participaient aux
appels doffres internationaux,
rivalisaient, un peu partout. La capitale, Kuala
Lumpur, devenue belle et moderne comme Singapour,
ou Hong-Kong.
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Puis, peu à peu,
à létonnement de beaucoup, Mahathir
Mohamed
a commencé à déraper, verbalement
dabord, puis dans ses actes. Il sest lancé dans
des accusations publiques contre les
spéculateurs, contre les Juifs, contre les Chinois,
contre son voisin, Singapour, les rendant responsables
des maux qui sabattaient sur la Malaisie. Ses
accusations ont eu pour résultat de susciter, contre lui
et son pays, la colère des pays voisins. Ce qui na
fait quaggraver sa situation. Puis, au lieu de
resserrer les rangs pour mieux résister aux attaques extérieures,
il a lui-même brisé le front intérieur en se séparant
brutalement de son ministre des Finances et dauphin, Anwar
Ibrahim.
Laccusant de corruption et de sodomie, puis de
bien dautres crimes, il le fait arrêter et battre par
sa police, provoquant, dans le pays et à lextérieur,
un tollé général.On passe, en quelques mois, de limage
dun pays en cours de décollage, conduit par des
hommes civilisés, à celui de dirigeants détruisant de
leurs propres mains ce quils ont construit. En
quelques jours, le pays devient la risée du monde.
Campagne électorale 1999 en
Malaisie
à
coup de censures, d'interdictions de toutes sortes, Mahathir
Mohamad,
le Premier ministre sortant, au pouvoir depuis dix-huit
ans, ramène par force et à son avantage, 85 % des
informations et publicités politiques. A cette occasion,
la communauté internationale sera choquée par les graves
violations de la liberté de la presse dans ce pays (emprisonnement
de journalistes malaisiens et étrangers, suppression de
passeports, interdictions aux journalistes étrangers
d'assister à certaines conférences de presse du
gouvernement, main mise du gouvernement sur la télé, et
grands médias écrits, pressions et menaces, supressions
de licences...). Le ministre de lInformation précise
que la radio et télévision dEtat (RTM) nest
pas tenue de parler des activités de lopposition.
« Il ne nous reste plus de temps dantenne
supplémentaire pour dautres points de vue que ceux
du gouvernement» déclare-t-il. Les formations
d'opposition sont finalement écrasées. le Front
national (et oui, comme en France !!), parti du Premier
Ministre, détient 176 des 192 sièges du Parlement.
Seuls les mouvements islamiques, et notamment le Parti Islam
SeMalaysia,
ont vu augmenter leur nombre de sièges au Parlement. Les
Nations Unis résument la situation de
la presse en Malaisie dans un rapport : "... Un
climat de peur paralyse le journalisme indépendant et dinvestigation,
et conduit à une forte autocensure sur les sujets que le
gouvernement considère comme sensibles. »
Lancien vice-Premier
ministre Anwar Ibrahim, est condamné à six
ans de prison pour corruption. A lannonce
du verdict, la foule attaque une camionnette de
la chaîne publique TV3. Les vitres sont brisées
et léquipe est menacée.
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La télévision dEtat
a relayé, avec les détails les plus sordides,
les accusations sur la vie privée de lancien
vice-Premier ministre. Le journal Harakah, lié à un parti
islamique, a largement couvert le procès.
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Son ton critique vis-à-vis de laccusation
officielle le rend de plus en plus populaire. Inquiet, le Premier
ministre Mahathir Mohamad attaque le
journal Harakah accusé de vouloir «
diviser le pays ». Finalement, le journal
est interdit à la vente en kiosque et doit limiter sa
diffusion aux seuls adhérents de son parti. La majorité
des médias obéissent aux consignes du pouvoir et
reprennent les publicités de ce dernier : « Voter pour
lopposition, cest voter pour le chaos ».
L'actuel vice-Premier ministre Abdullah
Ahmad Badawi déclare
que « la liberté de la presse doit avoir
des limites
» et que « plus de liberté signifie
plus de responsabilités ».

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Anwar
Ibrahim
très populaire
(TROP
populaire ???)
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Le 29
Semptembre 1998, Amnistie
International condamne les traitements cruels
infligés en détention à lancien vice-Premier
ministre malaisien Anwar Ibrahim, et appelle à nouveau le
Premier ministre Mahathir Mohamad à le relâcher immédiatement
et sans condition, ainsi que les autres prisonniers dopinion
détenus aux termes de la Loi relative à la sécurité
intérieure.
Anwar
Ibrahim a été passé
à tabac, alors quil avait les yeux bandés
et quil était menotté, et na pu
consulter un médecin que cinq jours après.
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Dans la mesure où une
personnalité aussi connue peut être soumise à
un tel traitement, Amnistie
International s'inquiète du sort de ceux
qui, en Malaisie, ne jouissent pas de sa notoriété,
comme par exemple, au moins 16 des alliés
politiques d'Anwar Ibrahim, qui sont toujours
privés de tout contact avec des avocats et les
membres de leurs familles ou de professionnels de
la santé.
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Parmi
les personnes arrêtées dans des manifestations
d'opposition ou autres :
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étudiants, cinéastes,
proches du Premier Ministre (par exemple, son ex-secrétaire),
des membres de partis d'opposition, avocats,
militants de droits humains, professeurs,
journalistes, intellectuels... arrestations
arbitraires, tabassages et matraquages et autres
violences, séquestrations...
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Dehors, Azizah, son épouse, se bât
pour lui et leurs enfants
En vertu du Code pénal
malaisien, les rapports
homosexuels entre adultes consentants constituent des
actes « contraires à lordre naturel » et
passibles de peines pouvant
aller jusquà vingt ans de réclusion ainsi
que de flagellation.
L'affaire
se complique : Deux
prisonniers d'opinion, Sukma
Darmawan et Munawar
Aness,
proches d'Anwar Ibrahim sont accusés
d'avoir accepté de se faire sodomiser par lui et
sont condamnés à six mois de réclusion.
Quelques temps après, ils reviennent sur leurs déclarations
pour préciser qu'en fait, ils n'étaient pas
tout à fait d'accord pour se faire sodomiser (Viol
??? on se croirait revenu aux temps de
l'inquisition et des ses interrogatoires !!!).
L'ancien
vice-premier ministre de Malaisie Anwar
Ibrahim déclare au monde qu'il est
victime d'une conspiration
politique dirigée par le chef du
gouvernement, Mohamad
Mahathir, pour le détruire. On le
croit sans peine. Le premier jugement rendu,
l'emprisonnant pour six ans, lui supprime, selon
la loi malaisienne, son poste de député et
l'interdiction de se présenter à de nouvelles
élections pendant la période de cinq ans qui
suivra sa libération. De plus, Il
doit encore comparaître en justice pour un
cinquième acte de corruption et cinq actes de
sodomie qui le rendent passible de vingt années
de prison supplémentaires. Il précisera :

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L'aspect
le plus cruel du Dr. Mahathir, c'est
qu'il interdise que je vois mes enfants
et tous les membres de ma famille. Désormais,
pensant à une stratégie à long terme,
je vais continuer méditations, lecture,
projets, planifications...
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Le 8 Août 2000, à
l'issue d'un nouveau procès débuté en Juin dernier, le
juge vient de proclamer une nouvelle sentence à
l'encontre d'Anwar Ibrahim :
Neuf
ans de prison ferme. Coupable de sodomie déviance
sexuelle.
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