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après le XIIIe siècle
L'Antiquité et le Moyen-Âge ignoraient complètement l'idée de Normalité. Elle n'apparut vraiment qu'au XIIIe siècle en France, comme conséquence du nouveau culte de la fécondité, culte dérivé lui-même, de la politique impérialiste et nataliste de l'état. Il fallait faire des enfants pour les guerres de demain.
Cette nouvelle façon de penser du XIIIe siècle pourrait être désuette et dépassée en l'an 2000. En fait, elle hante encore nos esprits. Nous portons encore dans nos mentalités ce lourd fardeau moyen-âgeux.
On peut noter cependant que, durant tout le XVIe et au début du XVIIe siècle, une certaine tolérance était de règle. Mais l'avènement de Louis XIV marquera à nouveau un changement radical. La centralisation à outrance de l'Etat et la confirmation de la Monarchie absolue entrainent à nouveau l'uniformisation des mentalités et des moeurs. La tolérance du Roi-Soleil se limitait à sa cour.
Par la suite, la répression de l'homosexualité semble plus formelle que réelle jusqu'à la moitié du XIXe siècle. Les lois religieuses la condamnent certes et il ne fallait pas se vanter et rester discret. Seuls les grands seigneurs ne se cachaient pas trop : Henri III et ses mignons ; "Monsieur", frère de Louis XIV qui s'affichait avec ses amants... En somme, l'homosexualité sans être reconnue, était admise ; pas de honte, pas d'exclusion, pas de marginalité. Par contre, on utilisait facilement le prétexte d'homosexualité pour emprisonner et brûler certains hérétiques ou ennemis de l'Etat dont il était difficile de les accuser de quoique ce soit (Chausson, Paulmier, Bouquet, La Contamine... hommes de cour, penseurs, politiques, brûlés vifs). Deschauffours, la dernière victime du bûcher en France, expia en réalité le crime de vol dans le trésor de la couronne ; l'acte d'accusation fut celui-ci : "péché de sodomie". Il était préférable, pour des raisons diplomatiques, d'emprisonner les agents de tel ou tel roi, reine, éminence, ministre, en les accusant de crime d'homosexualité, plutôt que d'espionnage ; de même, l'inquisition étant aboli, on pouvait continuer d'exterminer les hérétiques et tout autre ennemis du pouvoir en utilisant le crime d'homosexualité.
En 1869, avec la phase de développement industriel et commercial qui caractérise la seconde moitié du XIXe siècle, il n'est plus question de regarder avec indulgence une "déviance" qui défie l'ordre économique.
~ 1ère étape : ficher les coupables.
~ 2ème étape : leur inculquer le sentiment de culpabilité, leur faire ressentir leur déchéance, leur faire comprendre qu'en refusant le devoir de procréation, ils entravaient l'essor démographique, indispensable à l'expansion des affaires, ils brouillaient les rôles sexuels, ils freinaient une consomation bien plus grande dans une économie de ménages que dans une économie de célibataires. Ils ne pouvaient être traités comme les autres citoyens ; de plus l'Europe sortait de longues années de guerres, de maladies, d'épidémies (peste noire, choléra etc...) où les morts se comptaient par millions. Il fallait repeupler l'Europe.
Désignés du doigt à la sollicitude médicale, à la surveillance policière et à la vindicte populaire. Le temps de la honte et de la clandestinité recommençait au nom de la morale, de la religion et désormais de la science.
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