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Pietro Bacci
dit l'Arétin
(1492 - 1556)

Exilé de Rome pour avoir publié un sonnet anti-religieux et seize sonnets illustrants des dessins obscènes de Giulio Pippi de Jannuzi, dit Jules Romain (1494 -1549), né à Rome, architecte et peintre, élève de Raphaël). Lorsque son ami intime, son confident, le cardinal Jean de Médicis, devient pape sous le nom de Clément VI, il retrouve les faveurs de la cour de Rome. Il est surnommé " le fléau des princes ", en raison de la virulence de ses écrits satiriques et il est de ceux dont les grands préfèrent s'attacher les services ; ainsi François 1er et Charles Quint le couvriront-ils d'or.

"... retournant quelquefois au lieu où j'avais vu Frédéric prendre ce plaisir seul et où j'espérais toujours le revoir encore, je le vis avec un autre très beau garçon se baisant l'un et l'autre et s'embrassant étroitement. J'entendis qu'ils se disaient l'un à l'autre : - toi, fais le premier. Puis il me sembla qu'ils s'accordèrent car le jeune homme s'appuya des mains sur la chaise, ayant la tête sur le coussin ; après quoi Frédéric lui troussant la chemise par derrière, se prit l'instrument sur lequel il cracha et, avec ses mains délicates, il le mit entre les fesses du garçon, et remuant tantôt en arrière, tantôt en avant, et, poussant fort, ils demeurèrent en cet état peu de temps. A la fin, Frédéric le retira et l'essuya à sa chemise. Peu de temps après, Frédéric se mit à sa place et l'autre lui fit la même chose, ce qu'ayant encore vu, je m'en retournai fort étonné."

 

Joachim du Bellay
(1522 - 1560)

Poète, secrétaire de son oncle le cardinal Jean du Bellay. Il sera l'un des piliers sur lequel s'appuiera désormais l'usage de notre langue dans la littérature. Il compare les moeurs italiennes aux nouvelles coutumes qu'il découvre à la cour de France : " Le français corrompu par le vice étranger..." ; il critique également les mignons d'Henri III :

" Gordes, j'ai en horreur un vieillard vicieux
qui l'aveugle appétit de la jeunesse imite
(...)
Mais je ne crains rien tant qu'un jeune ambitieux
qui pour se faire grand, voilant sa trahison
d'un masque d'hypocrite couve sous beau semblant
un coeur malicieux.

Il n'est rien si sale qu'un vieux bouc, ni si prompt à mal faire
comme est un jeune loup : et pour le dire mieux :
Quand bien au naturel de tous deux je regarde,
comme un fangueux pourceau l'un déplaît à mes yeux,
comme d'un fin renard de l'autre je me garde.
"

" Si tu veux vivre en cour, Dilliers, souvienne-toi
de t'accoster toujours des mignons de ton maître,
si tu n'es favori, faire semblant de l'être,
et de t'acommoder aux passe-temps du roi.
Faisant ce que je dis, te seras galant homme :
T'en souvienne, Dilliers, si tu veux vivre en cour.
"

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