Sans avoir peur d'être rebelle
à dire la vérité des battements du coeur

RAï
évolution

azul aux Berbérians

Il existe en Arabe un mot difficile à traduire en toute autre langue : le "Tarab".
C'est à dire la jouissance et l'émotion procurées
par la musique, le chant, la poésie.

Que ça plaise à certains ou non, première réalité concernant le Raï :
c'est un phénomène mondial.
Comme quoi, tout ne vient pas des USA. La jeunesse bouleversa l'Occident avec le Rock'n roll. Aujourd'hui, Le Raï transforme l'Orient. Changements brusques dans l'ordre social et moral : une sorte de révolution culturelle.

J'ai connu le Raï grâce à Khaled au milieu des années 80 puis Cheb Mami.
Et enfin, il y a eu Bobigny en 86, le festival mythique et j'ai pris conscience que le Raï était une force. Je sentais déjà dans la voix de Mami que ça n'était pas une simple mode mais que quelque-chose sortait de l'intérieur de l'âme.
Avec Bobigny et la Villette, je réalisais que c'était le nerf de la jeunesse
(j'ai appris que le même succés foudroyant avait eu lieu 1 an auparavant avec le premier festival Raï à Oran et Alger). Et j'ai découvert
Chaba Zahouania
(je l'adore), Raïna Raï, Cheb Sahraoui et chaba Fadela
( N'sel Fi k qui datait pourtant de 1983...).
Aujourd'hui on parle de Faudel, le Ra
ï évolue, et c'est bien.

Le Raï, c'est l'explosion des sentiments par la chanson plutôt que par les armes.
Comme le rap, c'est le besoin d'
expulser un malaise mais au lieu de faire naître la violence et la haine, la jeunesse chante. Le besoin de s'exprimer est très fort.
Nos sociétés compriment les sentiments et imposent une ligne de vie.

Le combat pour la liberté se fait en chantant... ça, c'est Raï ;
faire reculer l'oppression et les interdits en chansons, c'est toujours Raï.
Les jeunes ne provoquent pas, ils s'expriment et au lieu de réprimer,
les anciens feraient mieux d'écouter.

De la même manière, au lieu de frapper et de détruire,
la jeunesse écrit et fait des dessins sur les murs mais au lieu de chercher à comprendre ce besoin,
on punit, on montre du doigt, on réprime.

S'il n'est plus possible de s'exprimer par les moyens pacifiques
(chant, dessin, et autres arts), alors la violence physique s'instaure.
Des jeunes s'entretuent, des voitures brûlent... et pour d'autres raisons, à côté,
on tue un chanteur et la jeunesse pleure.
Hasni, Fethi, Lounès Matoub
qui chantait la culture berbère, Aziz, Rachid Baba Ahmed...
paix à leur âme.

en Europe, on parle d'Echec scolaire (moi, je dirais plutôt échec des adultes, des éducateurs et plus généralement de la société), intégration (à quoi ? qui s'intégre à quoi de nos jours, nous sommes tous à la recherche de valeurs, de vérité, de confiance en l'avenir, d'affection et d'amour...) intégration ? Je ne m'intégre pas, moi, français de souche, à cette société. A quoi faut-il s'intégrer ? à l'individualisme ? à la mentalité flouz ? aux règles de ces gens qui font les lois mais ne les respectent pas ? s'intégrer à la violence subie par ceux qui sont censés nous protéger ?! On harcèle le jeune qui dessine sur un mur pendant que restent impunis des puissants qui détournent des millions sur le dos des HLM ou autres magouilles politico-financières.
Oui la jeunesse a besoin de s'exprimer et elle chante.

!!! intégration sociale-rejet économique !!!
désœuvrement, stade-foot,
le choix "bar ou mosquée",
vivre au milieu des richesses matérielles auxquelles on a pas droit car on est à l'écart à cause d'un destin manipulé par ceux qui se prennent pour Dieu.

Une jeunesse qui a soif de vivre, le hurle dans des chansons quasi libertines dans lesquelles l'amour et la fête reviennent.

Quand je parle des jeunes, je dois préciser ce que j'ai appris d'amis arrivés d'Algérie : Pour certains, particulièrement des citadins ou quelques privilégiés de la vie, le Raï, il n'y a pas si longtemps, représentait à leurs yeux, la honte, la bassesse, les blédars, les paumés, c'était le mauvais goût. Et pour beaucoup de ces jeunes là, nés du bon côté de la barrière, écoutant les chansons provenant de France comme Ophélie Winter, par exemple, c'est le phénomène international du Raï provenant d'occident qui leur a fait tendre l'oreille et bouger le corps au rhytme Raï
(paradoxal, non ?)

Oui, le Raï parle de l'alcool, de l'amour, mais personne, parmi les anciens ne tient compte des sentiments, des inquiétudes, des problèmes qui ressortent dans les chansons.
C'est aussi le rajeunissement de mélodies poussiéreuses.
Le Raï n'est pas le chant patriotique ou religieux, ce n'est pas le bruit des bottes et de la révolte,
c'est la voix de la liberté, c'est la voie du changement.

Quand on écoute les médias, la jeunesse est synonyme de paumé, désoeuvré, désintégré, désintéressé, drogué...

Non !!! la jeunessse est source de vie,
la jeunesse est Raï,
elle est l'avenir...

"moi, tant pis pour moi, mais pas toi"
Ana bhar 'aliya wa n'tiya llâ

(lire quelques phrases Raï)

quelques strophes Raï...

Jeune, pour t'épanouir, tu as plusieurs choix dans la vie :
ici...ninja, groupe armé ou turban !!!
Là, intégration-chômage-insertion, drogue ou sida !!!

Alors, jeune, que choisis-tu ?

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phrases Raï

je choisis le Raï car j'ai soif de liber

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et l'avenir que tu mets devant moi a le relent de ton passé.

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